كم أكره المسافات فالعمر مسافات و العشق مسافات و البعد مسافات مسافات تأرقني تعذبني تحرقني كاللضى أمشي المسافات فوق سطح من لهب أسبح في موج الأسى الذي خزنته من أجلك دموع علها تقبل مني في محراب العشق رحمة على الذين ولوا في زمن الأسر الجميل مسافات أعبرها فالعمر مسافات و العشق مسافات و الألم مسافات لا عزاء لي سوى الحلم بساط سحري يحملني لارسو على شاطئ قلبك المليء بالاحزان فأضمد جرحك الذي شاخ في صدرك و أذكرك بسنوات الصبر الجميل الذي عشته و الذي لم تعشه بعد لا، عفوا أحب المسافات فالعمر مسافات و العشق مسافات و الأمل مسافات مسافات رغم قسوتها تقربنا فبالأمس زارني طائري يحمل البشرى و يقول أن الحلم البعيد قد يطرق بابك في القريب ... فتتبدد المسافات....
Fatiguée de trop ramer dans les eaux troubles, je me laissais enfin échouer dans les rives de l’empire Morphée qui vint aussitôt me repêcher.
Je me trouvais sur un lieu nommé" délices", seule devant les regards affamés d’une horde de créatures mi-homme, mi- animal.
Ils me découvraient du regard, voulant tous m’approcher, je reculai mais ils avaient des bras aussi longs et gluants que des tentacules.
Je m’éloignais encore et encore. Ils parlaient dans un langage incohérent tel le bourdonnement d’un guêpier. Chacun parlait une langue, mais ils avaient tous le même discours.
Je me bouchais les oreilles pour ne rien entendre. Je voyais leurs visages se tortiller et leurs bouches divulguaient je ne sais quels mensonges.
D’un coup, je les vis se transformer en hyènes, en loups garous et en vautours ; tout ce qu’il y a de plus macabre. Je les voyais arriver et tentant déchirer le voile transparent qui me séparait de leur univers, quelques-uns réussirent à intégrer le décor.
Je criais et personne ne vint à mon secours. Je montais une pente parsemée d’embûches et à chaque fois je tombais et m’écorchais les jambes.
Les plus vigoureux parvinrent à m’appréhender mais je ne sais par quel miracle je me suis retrouvée en haut d’une colline, sur un sol aride et comme seul compagnon…un arbre.
Ce fut un arbre vieilli, non pas par l’érosion de l’âge comme le dit le vieil adage, mais par la solitude, la souffrance, l’indifférence, l’ingratitude et le mal d’aimer.
Il me conta son histoire, épineuse et ….
Il me dit avec mélancolie qu’il a connu dans sa vie d’arbre, deux printemps et que lors de ces belles saisons, courtes mais délicieuses, ses branches avaient donné les plus belles de ses fleurs.
On vint un jour lui ôter les branches sans préavis mais heureusement qu’il tenait encore sur pied et que ses racines étaient bien incrustées au sol, me dit-il avec toute la résignation d’un arbre qui fut jadis.
Il ajouta pour finir qu’on couronna le supplice en le brûlant vif.
J’entendais le craquellement de ce tronc qui paraissait vide à l’intérieur comme s’il y avait une fente au creux.
Oui c’était cela ; je suis enfin à l’abri me dis-je, toute contente. Je sentais une ambiance parfaite, comme un air de musique mais en sanglots, une triste mélodie qui m’envoûtait le corps et l’esprit.
C’était à la fois beau et magique.
Je m’étais attachée à cet arbre tellement que je voulus le serrer dans mes bras comme le font les mères avec leurs petits. Je le sentais tellement enfant, tellement fragile que je voulus l’adopter, le protéger et le garder pour moi toute seule, rien qu’à moi ; j’en serais la divine maîtresse et j’en ferais mon monde parfait.
Nos sentiments se mêlèrent, s’entremêlèrent, nos sanglots, nos larmes ne firent qu’un…
Nos corps, quoique étrangers jouissaient d’une fusion des sens et des matières… on ne faisait qu’un.
Je me rappelle que de nos larmes et ébats le sortilège se dissipa et mon arbre- abri était redevenu comme avant, ragaillardi et feuillu.
Je me rendis compte que le sol aride sur lequel j’avais marché était redevenu fertile comme d’antan.
Des fleurs de toutes les couleurs avaient orné le paysage ressuscité et on entendait l’ EAU couler dans la clairière.
De ton absence je tisserais mon œuvre, tout comme Pénélope attendant le retour de son Ulysse. Je braverais les misères du temps et de l'espace et dévalerais des ères pour que demain soit le jour de nos retrouvailles. Je te conterais les milles et un désirs, les milles et une douceurs ; les milles et une passions… Je te dirais tous les mots doux, tous les doux mots et panserais tes maux d’amour et de conquêtes avortées de mon miel que j’aurais puisé à la source du désir. Ma beauté se créerait de ton regard Ma fragilité de ton étreinte Ma sensualité de ta caresse Ma douceur de ton baiser Ma force de ton amour Tu viendrais tel un titan t’abreuver de mon nectar divin Et tu serais mon Eros… à Moi.